Tout commence par une passion…

Monsieur Hugh Cuming né le 14 février 1791 à Washbrook dans le sud du Devon, est le fils d’une fratrie de 3. Enfant il côtoie le colonel Georges Montagu, naturaliste de renom. C’est à son contact que Hugh Cuming commence à se passionner pour les coquillages.

Grâce à ses parents, il apprend la fabrication de voiles et ouvre une entreprise en Amérique du sud en 1819. Les bénéfices de cette affaire lui permettront de vivre confortablement toute sa vie et de se consacrer à sa passion : les coquillages.

« Le Prince des collections de coquillages » !

 Afin de récolter des spécimens de faune et de flore, il décide d’assurer des expéditions par ses propres moyens.

Il fait construire un bateau, le Discoverer, et part le 28 Octobre 1827 pour son premier voyage dans l’océan Pacifique.

Cette expédition le mène en Polynésie où il découvre notre huître perlière, Pinctada margaritifera.

Il y séjournera 8 mois. Dans une lettre qu’il adresse à son ami, Sir William Jackson Hooker, il décrit les détails de ce séjour et indique qu’il rapportera à Londres « 27 000 » perles naturelles de Tahiti. Dans ce courrier de 5 pages, du 21 mars 1832, il décrit son itinéraire et ses rencontres avec les Polynésiens.

Mais il tient aussi un journal de bord dont voici un extrait  :

« The Discoverer reached South Marutea for the second time on 25 January: The Meleagrina or Pearl Oyster here attains a great size the shell of an extraordinary thickness and highly usefull to the Manufacturer of Fancy goods, during my stay the Natives collected upwards of Forty Tons fit for Market, out of them I had taken above Twenty Seven Thousand Pearls, the whole weighing Thirty Two Ounces. »

«Le Discoverer atteignit le sud de Marutea pour la deuxième fois le 25 janvier : La Meleagrina ou huître perlière atteint ici une grande taille, la coquille dune épaisseur extraordinaire et très utile au fabricant darticles de fantaisie, pendant mon séjour, les indigènes ont recueilli plus de quarante tonnes propres au marché, dont javais pris plus de vingt-sept mille perles,  le tout pesant trente-deux onces »  

En 1840, après 13 années dédiées à sa passion, il comptabilisera plus de 3 000 mollusques marins, terrestres ou dulcicoles.Ces expéditions lui vaudront le surnom dans les milieux scientifiques de l’époque, de « Prince des collections de coquillages ».

« La reine des huîtres perlières »

D’où vient le nom de cette huître aux lèvres noires produisant des perles aux couleurs de l’arc-en-ciel ?

Selon le docteur Henk K. Mienis, de l’université de Jérusalem, (CPS n°81995) : « L’origine de Pinctada n’est ni grecque, ni latine ; il s’agit plutôt d’une déformation du français « Pintade », lui même dérivé du portugais « Pintada » qui signifie « tâcheté » ou « taché » ». En effet, considérant l’aspect extérieur de la coquille, le nom utilisé jusqu’alors de « Méléagrine » spécifiait déjà « Pintade » en grec. Ainsi, c’est en 1842 que la dénomination « Pintadine » fit son apparition puis fut latinisée par Röding sous l’appellation « Pinctada ».

Ces « Pinctada » produisant des perles, il leur fut tout naturellement associé le mot latin « margaritifera » apparu au 1er siècle après J.-C. Par Plinus, indiquant : « qui produit des perles ».

Même si l’on dénombre une vingtaine d’espèces de Pinctada Margaritifera dans la région indo-pacifique, cette variété sécrétant des couleurs multiples, était endémique aux lagons Polynésiens.

La postérité laissa à Monsieur Hugh Cuming un nom, comme une reconnaissance : variété Cumingii… Ainsi, l’huître perlière produisant la perle de culture de Tahiti, a pour appellation complète : Pinctada margaritifera variété Cumingii… Merci au « prince Cuming » !

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